samedi je n'ai pas vu Mathieu Amalric. et pour cause, j'avais atelier critique...

Publié le par petitcâstle

avant (samedi - 9h) - arrivée à Jon, où si le marché ne bat pas encore son plein, le crachin est lui déjà au top. Dans un café dijonnais, déballage de mes dernières lecture préparatoires à l'Atelier critique. Vous ne le saviez peut-être pas, mais cette saison le TDB initie un atelier à destination de qui veut (en l'occurrence six personnes) permettant d'échanger et d'approfondir les réflexions autour de spectacles. Après une première session consacrée à la saison dans son ensemble et à Volchok du cirque Trottola, ce deuxième atelier porte sur L'Homme inutile ou la conspiration des sentiments et sur  Du Fond des gorges. J'en profite pour relire quelques articles sur la critique (à remettre aux participants) ainsi que les dossiers pédagogiques réalisés par Amandine Georges, professeur missionnée pour le TDB. Structurés, clairs, destinés prioritairement aux professeurs mais permettant à quiconque ayant vu les pièces « d'aller plus loin » (on ne vous dit pas où, c'est à chacun de faire son chemin), ces dossiers abordent sous l'angle enseignant, soit un brin objectif, chacun des spectacles. Une vraie mine d'informations !

 

miss-mines.jpgMiss Mines...

oui, je sais, c'est (un peu) trash, mais le service icono est en arrêt maladie...


après (samedi - 14h10) - départ de Di, où si l'atelier vient de se terminer, la bruine ne lâche rien. Nous n'étions que cinq – deux malades –, mais cet effectif réduit n'a pas entamé la vitalité des échanges. C'est exténuant, trois heures d'atelier, mais c'est aussi passionnant.

Déjà, le groupe "existe", l'écoute est là et cela rend les débats d'autant plus stimulants. Ensuite, les regards s'affûtent, chaque parole s'appuyant sur celle qui la précède pour en contredire ou accentuer les positions. Ainsi, là où L'homme inutile (...) a suscité un consensus (mon avis à part, mais ça tombe bien, puisqu'on s'en fout), pour Du Fond des gorges, les points de vue divergent largement. Côté contre, Laurence annonce d'emblée ne pas avoir été touchée, « je n'ai pas jubilé », tout comme Mireille, « au bout d'un moment j'ai décroché, j'avais l'impression qu'ils jouaient entre eux ». Côté pour, Jocelyne évoque, entre autres, « ces corps au travail, cherchant dans la matière », tandis que Claire aborde « le rapport développé entre la parole et le corps. Je me suis sentie spectatrice d'une expérience ». Et si les positions initiales demeurent, chacun saisit le point de vue de l'autre, en ce qu'il est argumenté et construit. Travailler oralement la construction d'une critique permet également de « s'échauffer », car bientôt les participants à l'atelier s'essaieront à l'écrit...

En attendant la mise en ligne prochaine de ces articles sur ce Golb, voici pour finir une citation de Gilles Sandier, critique dramatique(ment) disparu. Extraite de "Pour une critique de combat" (article remis aux participants de l'atelier samedi), cette phrase résume aussi à sa façon la divergence des regards sur les spectacles discutés autant que la richesse des échanges : "Voilà pour moi l'honneur du critique : c'est la franchise qui se bat, c'est la partialité "éclairée" - car il va de soi que nos adversaires sont seuls privés de lumières. Intolérant, nous ? Mais vous n'y pensez pas. Nous ne brûlerons jamais personne."

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