1) faire le tour de la maison ; 2) sortir le pied de biche ; 3) bîcher le jardin
1) [Il s'en passe des choses, les mardis, à Dijon... Prenez le TDB, côté Parvis Saint-Jean. Prenez, même, les deux tours du Parvis Saint-Jean. Sur le toit de l'une d'elles se trouve une antenne-relais. Si tout se passe bien – ben oui, allons donc, c'est sans danger les antennes-relais –, elle sera bientôt rejointe par d'autres antennes-relais. À moins que de sinistres citoyens obscurantistes ne se mobilisent dans les semaines qui viennent afin de contrer cette avancée significative du progrès humain. Suspense. En attendant, on n'est jamais trop prudent, j'ai enrichi ma panoplie en aluminium...]
à la tienne, ant(i)enne...
Parenthèse fermée, rendons nous dans l'autre tour, où se trouve la « salle des Haut-Parleurs ». Autrefois investi par l'auteur Philippe Minyana pour des lectures de textes – c'est d'ailleurs sous l'ère du précédent directeur du TDB Robert Cantarella que la salle obtient ce nom – le lieu est occupé désormais ponctuellement par des équipes pour répéter. Là c'est le metteur en scène Benoît Lambert et le comédien Emmanuel Vérité qui s'y installent pour quelques heures, afin de travailler sur un nouvel opus des aventures de Charlie, personnage borderline aux étranges obsessions. Peut-être bientôt dans nos murs ?
(certes, ceci est du teasing, mais aussi du canular potentiel, n'étant assurée de rien... la preuve, les afghans dont je vous annonçais à mots couverts la venue dans un précédent billet ne passeront pas par Dijon. En revanche, Langhoff... ahah, on est curieux, hein ? envoyez vos chèques et on en reparle...)
Bref, passons de la tour au plateau, où se trouve l'équipe de l'Oreille Interne. Entre mots et sons, la compagnie emmenée par le metteur en scène Eric Ferrand est actuellement au cœur du travail de répétitions des Mouches. Pièce de Jean-Paul Sartre, le spectacle sera créé le 10 janvier prochain.
ceci est une mouche suivie de très près par un point
2) Direction ensuite la salle Jacques Fornier, où se joue du 13 au 16/12 Tu as bien fait de venir, Paul. Pièce de l'écrivain Louis Calaferte mise en scène par Leyla-Claire Rabih, Tu as bien fait de venir, Paul réunit sur scène l'ancien directeur du TDB Alain Mergnat et le comédien Yves Prunier. Avant de rencontrer Leyla-Claire Rabih afin d'échanger sur ce spectacle, certains choix me laissaient sceptiques : décider de monter Louis Calaferte – auteur ayant passé une partie de sa vie en Côte-d'Or – et de diriger Alain Mergnat – connu comme le loup blanc par toute une génération de bourguignons, gens de théâtre ou non – c'était un peu louche. Voire carrément suspect. Ca sentait le coup tactique, genre positionnement de Mergnat/Calaferte en tête de gondoles, ces deux noms vendeurs en Bourgogne permettant de tourner plus facilement « en décentralisation » (le spectacle étant initialement conçu comme une proposition « légère » aisément diffusable). Mais que voulez-vous, j'ai mauvais esprit, même ma mère me le dit...
on m'a dit de "rythmer" un peu plus mes articles avec des images.je fais ce que je peux...
3) L'entretien avec la metteuse en scène a dissipé mes doutes, en me permettant de saisir du même coup : son attachement à la notion de transmission, le rôle joué par Alain Mergnat dans son parcours, ainsi que l'importance de l'homme dans le paysage culturel dijonnais et bourguignon. Comme Leyla-Claire Rabih s'en souvient : « J'ai commencé le théâtre sous la direction d'Alain Mergnat. À l'époque, Alain Renault [anciennement responsable des Relations publiques du théâtre, ndlr] faisait de « la retape » pour les ateliers du Théâtre de Bourgogne dans les classes de seconde, notamment du lycée Carnot, où j'étudiais. C'est comme cela que j'ai débuté. Nous sommes toute une génération à être passés par ces ateliers entre 1986 et 1992, puis à être devenus professionnels. Il y avait différents intervenants comme Elisabeth Barbazin, JoséPliya, Solange Oswald, Christian Duchange. Il y avait un véritable côté école, c'était une époque de structuration avec des conférences. La réflexion qu'enclenche le TDB aujourd'hui sur la formation en Bourgogne part de ce constat-là : après la formation de toute une génération, aujourd'hui il n'y a plus d'impulsion ni de structuration en région. » Fait paradoxal, car il n'y a jamais eu autant de compagnies ni de lieux de diffusion qu'aujourd'hui (je crois que nous y reviendrons)...