Journée des morales élastiques #1 *
So, what happens in TDB mardi 20/12, à l'approche des fêtes de fin d'année ? Si, côté rue Courtepée, les bureaux sont déjà un brin clairsemés, côté salle Jacques Nierfor, ça bat nerveusement son plein : installée depuis hier lundi et jusqu'à vendredi, l'équipe des Mécaniques Célibataires répète Le Nerf. Spectacle dont nous avons déjà dit quelques mots (→ ici), Le Nerf sera créé en février au Parvis. Regards en trois temps (=billets) sur une même journée. D'où, aussi – peut-être ? –, l’élasticité...
Avant même de s'intéresser au fond, la première vision de la « forme » découverte ce matin en pénétrant dans la salle Jacques Fornier étonne. Car pour peu que l'on prenne place sur le gradin (tout neuf, ôôôôôôh, ââââââââh), on voit tout à la fois et successivement : 1) l'équipe de comédiens en train d'échanger à l'avant-scène avec le boxeur et coach Iliès Moujan ; 2) Patrick Girod – plus grand phabriquant de colliers de nouilles de toute ma comté – sur un escabeau en milieu de scène, peignant le décor ; 3) l'équipe technique du TDB – qu'on entend plus qu'on ne voit – au travail dans les ateliers situés en fond de scène. Ateliers habituellement coupés de notre regard par une porte, ici ouverte.
Cette intéressante perspective de l'instant, à travers les trois plans et niveaux de regard imprévus qu'elle installe, résume mieux que beaucoup de discours les recherches en cours. Devant ces matriochkas en mouvement Le Nerf, qui demeurait jusqu'alors pour moi abstrait, à l'état de « dossier de présentation » m'apparaît dans sa réalité concrète. Soit au travail de tous les côtés, plateau, technique, jeu et intentions...
cette image n'a rien à voir avec ce billet (quoique?). ça m'apprendra à travailler avec des stagiaires...
Et si j'osais – allez, j'ose –, je dirais même que c'est au Théâtre du Peuple de Bussang que j'ai pensé. Car dans le théâtre de bois mythique situé dans les Vosges, les pièces estivales sont réputées pour jouer avec le fond de scène ouvert sur un autre théâtre, de verdure, celui-là... Bon, vous me direz qu'il n'y a pas grand chose à voir entre une sublime et verdoyante forêt vosgienne et les ateliers techniques de la salle Jacques Nierfor. Certes, certes, je sais, je sais. Mais c'est l'effet produit qui partagerait une sorte de parenté. Soit l'ouverture sur un autre espace, mystérieux et inaccessible. Et si à Bussang l'effet doit être bucolique à mourir, à Fornier ce matin c'est plus la machine théâtrale qui dévoile certains de ses rouages. Une sorte de mise en abyme du théâtre qui, en train de se fabriquer, ne cesse de s'ouvrir à d'autres monde, d'autres aires de son élaboration, comportant leurs propres zones d'ombres et secrets...
* cher lecteur, comme tu auras pu le remarquer, ce titre de billet n'a pas grand chose à voir avec son contenu. Ça tombe bien, les titres ne sont pas mon fort, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'avoir un rapport premier degré avec le contenu. Pour le coup, tu as donc droit à la journée tirée de mon Imprévisible , ô combien précieux registre des jours. D'ailleurs si tu manques d'idées cadeaux, si tu as des étrennes à dépenser où si tout simplement tu as l'habitude de faire ce qu'on te dit, je ne saurais trop te conseiller d'acquérir un ou des Imprévisibles. Et si tu es plutôt nouvelles technologies ça marche aussi : ils ont les applications Idoines... Sache, au passage, que les membres de l'Imprévisible ne sont ni de ma famille, ni de mes amis (ça va pas, hein, ils sont normands). J'aime beaucoup, simplement.