"Jean la Chance…, mais laquelle ?", critique de Christiane Lucas*

Publié le par Christiane Lucas

Avant de s’engager et d’engager son théâtre sur des thèmes délibérément politiques, Bertolt Brecht renia sa pièce Jean la Chance, œuvre de jeunesse qu'il qualifia d'« œuf pourri », fruit d’une période révolue. Dans celle-ci, Jean et Jeanne vivent heureux dans leur ferme, mais un habile bonimenteur va détacher Jeanne de son foyer, avec l’accord de Jean qui veut le bonheur de celle qu’il aime. De cet arrachement accepté, il ne se remettra pas, abandonnant sans regret et successivement sa ferme, une charrette, puis désirant un manège qu’il échangera pour retrouver Jeanne…

On imagine sans peine que cette fable du dépouillement se termine mal, dans la sombre rivière, pour Jeanne d’abord, puis pour Jean…

Alors, la chance ? N’est-ce point celle d’aimer, sinon de l’être en retour, au point d’être indifférent aux biens qui vous entourent ? Le jeu de Laurent Meininger, sans cesse trompé, y compris par l’ami narrateur et dégageant une naïveté épanouie, convainc le spectateur que l’amour est le nœud du propos.

La troupe de Jean-Louis Hourdin, en mêlant avec talent musiciens et comédiens dans et autour du manège central, pièce maîtresse du décor, symbole du tourbillon de la vie, accompagnera, jusqu’au bout, le rêve de Jean et de son amour perdu.

 

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                                                                                photo vincent petit-arbeau

* Christiane Lucas est l'une des participantes à  C'est pas beau de critiquer ?, atelier de critique théâtrale initié pour la deuxième saison par le TDB. Elle a écrit cette critique suite à sa découverte de Jean la Chance , pièce de Bertolt Brecht mise en scène par Jean-Louis Hourdin.

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