Un billet qui fait mouche -> par Amandine Georges

Publié le par petitcâstle

So, what happens (again) in TDB at the end of the year ?

Cette semaine, partout, c’est la trêve des confiseurs. Le Parvis Saint-Jean n’échappe pas à cette règle : même la billetterie fait relâche. Mais une affichette alerte les spectateurs à l’entrée : rendez-vous au mois de janvier avec Les Mouches, création du TDB et de la compagnie L’Oreille Interne.

Alors, même si le théâtre est fermé au public, de la lumière filtre des tours de l’église : sur le plateau, l’équipe réunie par le metteur en scène Eric Ferrand est en pleine répétition et à quinze jours à peine de la première, personne ne regarde les mouches voler (quoique…).

Les Mouches, justement, késako? Une pièce de Jean-Paul Sartre, réécriture du mythe grec des Atrides, dont le titre fait référence aux mouches qui depuis le meurtre d’Agamemnon, ont envahi Argos. Symbolisant le repentir des habitants de la ville, elles envahissent l’espace scénique à intervalles réguliers. Singulier défi, me dis-je en moi-même : comme élever des essaims de mouches dans les loges n’est guère envisageable, comment les représenter ?

Au moment où Electre (Emma Pluyaut) crie à Oreste (Thomas Lonchampt) : « Les voilà ! », j’ai une partie de la réponse : le plateau semble bel et bien envahi par les mouches. Un léger bourdonnement envahit toute la salle et instinctivement, on lève les yeux vers les cintres pour identifier le bruit.

En fait, m’explique Vincent Lebègue, le créateur son du spectacle, on n’entend pas un bruit de mouches pré-enregistré ; « c’est un son électronique créé de toutes pièces à partir de ce qui se passe sur le plateau. Des micros installés dans le théâtre captent les sons émis sur le plateau, un logiciel les traite numériquement et les restitue. Ainsi, on suggère le bruit des mouches ». Mais, dans ce cas, qu’advient-il de la conduite ? «  Appuyer sur des touches et me contenter de lancer des effets son ? Non merci ; le spectacle sera différent chaque soir, inventé à partir de ce qui se passe en direct sur le plateau et réalisé en grande partie manuellement ; ce qui est intéressant, c’est quand on a l’idée de ce qui va se passer sur le plateau mais qu’on est sur le fil du rasoir. » Un peu risqué, me direz-vous ? Oui, sans doute, mais voilà qui donne tout son sens à la notion de spectacle vivant : des régisseurs installés à vue et qui, tous les soirs, participent à la fabrication d’un spectacle différent.

Entendre les mouches, me direz-vous, c’est une chose. Mais les voir ? Rassurez-vous, on les verra aussi ; fine mouche, je vous laisse la surprise ; vous n’avez qu’à venir en janvier au Parvis Saint-Jean, quand le théâtre aura rouvert ses portes…

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J
ça me donnerait presque le bourdon, mais j'irai voir cette épopée afin de me rendre compte par moi-même de ce qui se trame au parvis. Il faut dire que la mouche du coche sait nous mettre l'eau à la<br /> bouche !
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