pièces et détails

Publié le par petitcâstle

Allez hop, encore un billet sur  Folie Courteline. Mais que voulez-vous, hormis la journée du patrimoine, celle des présentations de saison et la soirée Kalfon (Jean-Pierre) du 6 octobre prochain, la programmation du TDB n'a pas vraiment débuté... et à moins de disserter jusqu'à plus soif sur les championnats de course en sac, Folie Courteline, premier spectacle de la saison, offre « le » sujet d'actualité. Salle Jacques Fornier, les répétitions en cours transpirent d'ailleurs littéralement sur tout ce qui se prépare dans les bureaux. À l'occasion, on passe voir un bout de répétition – si on a le temps –, on s'incruste à la cantine du déjeuner assuré par Hubert Anceau ou le restaurant le Coin caché – si Joséphine est d'accord (bon, par chance, Joséphine est souvent d'accord) – et on publie sur le Golb... 


Voici, par le secrétaire général du TDB et metteur en scène Ivan Grinberg, une description des cinq pièces – Théodore cherche des allumettes, Le Droit aux étrennes, Les Boulingrin, Le Petit malade et Les Mentons bleus - scènes de la vie de cabots :

* Pour Théodore cherche des allumettes, j'ai aimé le fait que la pièce se passe dans le noir, cela pose des questions formellement intéressantes.

* Le Droit aux étrennes démarrant comme une pièce naturaliste et se terminant dans un fantastique à la Edgar Poe, cette fluidité des genres est vraiment intéressante. On y croise aussi des personnages magnifiques, de l'invention formelle étonnante. Par rapport aux autres vaudevillistes, Courteline offre une représentation plutôt globale de la société et si ses pièces se passent certes chez des rentiers et des bourgeois, on y croise des personnes issues des classes populaires, des soldats, des cochers. Voir des gens du peuple s'exprimer en alexandrins dans Le Droit aux étrennes pose des énigmes théâtrales intéressantes.

* Boulingrin est la pièce la plus jouée. La structure est celle de la farce et il y a une énergie, une violence, une indifférence à la psychologie joyeuse et excitante. La pièce se termine dans une explosion enfantine avec des effets simples, assez basiques.

* Le Petit malade n'est pas une pièce courte, c'est une pièce courtissime. D'ailleurs, ce n'est même pas vraiment une pièce... elle est extraite de Coco, Coco et Toto, recueil de petites histoires où la prose alterne avec des scènes entières dialoguées. Le mode d'écriture est très amusant, il est construit sur un coup de théâtre et a à voir avec le dessin humoristique, une image racontant tout.

* Les Mentons bleus est différente. D'abord, les personnages principaux sont des acteurs et Courteline a une histoire personnelle avec eux : lui-même a beaucoup joué, il adorait ça – même s'il se considérait comme exécrable. Son père, Moineaux, étant un grand chroniqueur du monde du spectacle, il a grandi dans cet univers et il y a chez lui un rapport à l'enfance touchant.

Ensuite, Courteline l'a écrite avec Dominique Bonnaud, un ami humoriste, vers la fin de sa grande période d'écriture. Nous ne sommes plus du tout dans les mêmes comique, temporalité, espace, ou rythme. On plonge dans le fantasme, le rêve, parfois le pathétique de l'acteur, de son rapport à l'autre et à lui-même. En cela, elle est offre une belle réflexion sur le théâtre et c'est sans doute la plus mélancolique des cinq. Mais c'est aussi la plus référentielle : chroniqueur, Courteline travaille sur l'actualité, et toutes ses pièces sont truffées de références. Ici, il balaie tout le théâtre du XIXe et on découvre une certaine vision de la France et de sa géographie à travers les tournées théâtrales.

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