la dernière Noce / théâtre en mai 12

Publié le par petitcâstle

Emmené par Karl Eberhardt, le Théâtre Nomade élabore des spectacles mêlant jeu, danse, musique et travail du masque. A l'occasion de la venue de la Dernière Noce - nouveau spectacle de l'équipe et création collective - à Théâtre en Mai, Karl Eberhardt répond à quelques questions.

Ce désir de création collective est-il présent depuis longtemps au sein de la compagnie ?

Karl Eberhardt : Le Théâtre Nomade s'est fixé comme objectif de monter des pièces de répertoire afin d'aller les jouer dans des lieux « difficiles d'accès », éloignés des grands théâtres. Un autre de nos objectifs est d'explorer le maximum de formes théâtrales possibles, en conservant comme ligne artistique l'utilisation du masque. Quant à l'idée de création collective, ce n'est pas un désir ancien et elle n'est apparue qu'après plusieurs pièces.

 

Qu'est-ce qui vous a amené à sauter ce pas ?

K. E. : Nous cherchions un texte qui nous laisse libres, avec une partition égale pour tous les comédiens, sans rôles titres, sans personnages secondaires, et qui réponde aux questions d'aujourd'hui. Après avoir beaucoup lu – Bertolt Brecht, Carlo Goldoni, Maxim Gorki, Radovan Ivsic –, il nous est paru évident que cette pièce fantasmée n'existait sûrement pas et que c'était peut-être à nous de l'écrire. Et pour l'écrire, quel meilleur moyen qu'ensemble sur un plateau ?

 

En quoi ce spectacle a-t-il pu constituer un défi pour vous ?

K. E. : Ce qui nous est apparu très rapidement comme le défi le plus important a été de définir notre méthode de travail. Faut il un metteur en scène? Un auteur? Devons-nous tourner à ces places? Faut il définir un poste pour chacun, ou devons-nous tout faire ensemble ? Au cours du travail nous avons décidé de ne pas répartir de taches et de tout prendre à bras le corps, collectivement.

 

Quelles sont, pour vous, les particularités de ce travail en collectif ? 

K. E. : Le travail en collectif amène une folie, les idées fusent, les propositions s'enchaînent. Nous travaillons dans un tumulte créateur et tout le monde s'investit à 100%. Mais cela s'entretient, et à défaut d'être metteur en scène, ma mission était d'être la vestale de cette énergie. Celle-ci a non seulement duré le temps de la création mais elle se prolonge à chaque reprise et nous continuons à évoluer.

 

Le dénominateur commun aux spectacles du Théâtre Nomade est le masque. Imaginez-vous faire un spectacle sans ?

K. E. : À travers tous mes projets, j'ai rassemblé des équipes qui avaient pour point commun l'amour du masque et du jeu masqué. Mais tous ces comédiens et moi-même travaillant par ailleurs sur des projets de théâtre non masqué, je pense que nous irons un jour vers des projets d'une nature différente...

 

Vous dites avoir développé votre propre vision du jeu masqué. Quelle est-elle ?

K. E. : Un théâtre au travail corporel exigeant, une forme visuelle destinée à tous les publics, un théâtre dans lequel les acteurs s'adressent en permanence au spectateur, et qui parfois l'intègrent à leur histoire. Mais plutôt que notre vision du jeu masqué, c'est une méthode de travail que nous avons développé.

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