théâtre au rez-de-chaussée
Mardi j'étais au TDB. Jusque-là, rien d'exceptionnel, puisque les mardis, je suis assez régulièrement au TDB. Mais mardi, j'étais 1) au rez-de-chaussée et 2) loin d'être la seule de passage au TDB... petite chronologie illustrée.
Rez-de-chaussée, côté bureaux
Au rez-de-chaussée des bureaux du TDB situés rue Courtepée – locaux jouxtant la salle Jacques Fornier qui donne, elle, rue d'Ahuy – je jette un oeil à la salle de réunion. Mais celle-ci n'a plus rien d'un lieu de réunion, et pour cause : Marie Meyer y a installé son Q.G. Et non, Marie Meyer n'est ni en réunion, ni en train de consulter l'un des ouvrages de la bibliothèque. Costumière, elle prépare les différentes tenues qui seront portées par les comédiens du téléfilm sur le Chanoine Kir. Ce personnage historique, député-maire de Dijon dont on retient surtout aujourd'hui le lac et la boisson auxquels il donna son nom, se voit consacrer un docu-fiction. Produit par France 3 Bourgogne, ce téléfilm permettra, entre documents historiques et reconstitutions fictives, d'en savoir plus sur ce personnage haut en couleurs, connu pour son anti-communisme mâtiné d'un étonnant pro-bolchévisme (le chanoine Kir était un grand ami de Kroutchev !). Alors, et le rapport avec le TDB ? C'est que le directeur François Chattot y tient le rôle du fameux Chanoine et le TDB fait partie des coproducteurs du projet. Avant le début du tournage le lendemain, ce mardi constitue une étape importante dans le travail de la costumière : toute la journée les comédiens défilent afin d'essayer et de composer leurs différentes tenues. Des délais extrêmement courts qui laissent peu de place à l'erreur et expliquent le grand nombre d'accessoires divers réunis...
les costumes sont aussi en réunion
Rez-de-chaussée encore, mais autre pied cette fois, côté Fornier
Dans le hall/bar de la salle Jacques nierFor je retrouve Guillaume Malvoisin. Le metteur en scène a passé une partie de la journée dans les bureaux pour diverses réunions techniques et administratives. Cela afin de préparer la résidence (soit les répétitions) de son prochain spectacle Le Nerfqui sera créé au Théâtre Dijon Bourgogne en février 2012. Adaptation du texte The Connexion de Jack Gelber, Le Nerf réunit une poignée de personnages dans l'arrière-salle d'un cinéma, hommes et femmes en attente qui de leur vie, qui de leur drogue ou qui du prochain film à accompagner de leur musique...
Alors que nous commençons à discuter, François Chattot passe dans la salle, l'occasion du bref échange que voici entre les deux hommes : « - Comment se présente le bébé ? - il est encore joufflu... » Le « bébé », c'est le spectacle à venir. Quand au qualificatif de « joufflu », voilà l'explication que m'en donne ensuite Guillaume Malvoisin : « C'est comme les bébés gras qui finissent par faire des gens bien faits de leur personne. Aujourd'hui, il y a encore du gras, mais il faut qu'on voit l'os à la fin... Le spectacle s'appelle Le Nerf,et nous devons donner à voir le trajet des nerfs des personnages en train de gratter leur corps pour trouver la vérité de ce qu'ils sont. Ce sont des exilés volontaires, des fugitifs et « trouver l'os », c'est trouver ce qui leur donnerait le courage de partir. Ce n'est pas ce qu'ils fuient qui importe, mais ce qu'ils sont capables de sauver à l'intérieur du cagibi dans lequel ils se sont réfugiés. » Affaire à suivre puisque l'équipe, qui vient de répéter quelques jours à l'Artdam, s'installera mi-décembre pour une semaine de répétitions salle Jacques Fornier, avant de revenir début 2012.
Guillaume Malvoisin, metteur en scène émergent
Rez-de-chaussée toujours, question de souffle
Cette fois, je suis dans la salle. Je suis même installée sur les tout nouveaux gradins (ôôôôôôh, ââââââââh), afin d'assister – en très bonne compagnie – à la représentation Du Fond des gorges. Il y a tout juste une semaine que le spectacle interprété par le trio Pierre-Yves Chapalain, François Chattot et Pierre Meunier a été créé. Et après avoir vu des bouts de répétitions, assisté à des tentatives diverses, découvrir le spectacle terminé est toujours assez émouvant. D'emblée ce qui me saisit est l'intégration parfaite de la scénographie dans la salle. Le spectacle est né sur ce plateau et cela se voit, tant l'occupation de l'espace est évidente : ce n'est pas un décor plaqué sur une scène mais bien un dispositif trouvant naturellement sa place dans ce lieu. Et aussi incongru que puisse paraître le fait de réunir un monceau de pneus et chambres à air sur une scène de théâtre, ces matériaux semblent ici à leur place. Ils deviennent, ainsi, tantôt des formes inquiétantes, tantôt des apparitions dotées d'une folle beauté plastique – petit miracle des lumières. D'ailleurs, ce sont cette réunion de différentes matières (musicale, organique ou pneumatique), leur confrontation, qui m'ont touchées, plus que les textes en eux-mêmes. La façon têtue qu'ont les trois comédiens de chercher, encore et encore, d'aller fouiller dans ces objets au sol, font sens, posant avec plus de vigueur que certains des textes réunis la fameuse question : « d'où ça vient ? »...