quand le théâtre s'acoquine avec le cinéma muet et d'animation

Publié le par petitcâstle

Entre théâtre musical et cinéma d'animation, univers du cabaret et personnages tirés des contes de Dickens, la compagnie 1927 compose une création balançant entre fantastique et merveilleux. En attendant de découvrir The Animals and children took to the streets lors de Théâtre en Mai, voici quelques éléments sur le travail de cette jeune équipe.

 

Pourquoi avoir nommé votre compagnie « 1927 » ?

Compagnie 1927 : Nous avons choisi ce nom en référence à l'année de sortie du film  le Chanteur de jazz d'Alan Crosland. Ce film est considéré comme le premier parlant et le cinéma a été profondément bouleversé par ce progrès technologique. À l'époque c'était totalement novateur et personne n'imaginait que cela durerait... Développant au sein de la compagnie un théâtre inspiré des films muets mais avec des paroles et un récit, une fable, « 1927 » nous semblait approprié...


Vous vous dites intéressés par le fait d'explorer "les relations entre le jeu d'acteurs et l'animation, afin de créer un théâtre novateur et en mouvement". D'où vient cet intérêt ?

Cie 1927 : La compagnie réunit un musicien, un auteur, un réalisateur de films d'animation ainsi qu'une comédienne/conceptrice de costumes. Nous avons donc commencé par explorer nos univers et influences individuels, à les combiner, et de fil en aiguilles cela nous a mené à réaliser le type de spectacles que nous créons actuellement... Mais tout s'est construit à travers l'expérimentation et se base sur un amour du cinéma ainsi que sur un désir de concevoir le théâtre que nous aimerions voir : quelque chose de contemporain, de drôle et fourmillant d'idées intéressantes. Il est très important pour nous de permettre au spectateur d'entrevoir un autre monde et l'entremêlement du jeu des comédiens et du cinéma d'animation nous permet de créer cet univers parallèle.


Comment décririez-vous l'esthétique théâtrale de The Animals and children took to the streets ?

Cie 1927 : Pour ce spectacle, nous avons été inspiré par le constructivisme russe et les romans graphiques. L'esthétique est volontairement bancale, crasse, on dirait que tout sur scène tombe en lambeaux, l'écran ne cessant de se tortiller et étant sans cesse envahi par les cancrelats. Paul [le réalisateur et concepteur des images d'animation, ndlr] passe beaucoup de temps à « abîmer » ainsi ses films, dans l'intention que tout paraisse véritablement sale et issu d'un autre temps.


La place du récit semble essentielle dans The Animals and children took to the streets. Est-ce une chose importante pour vous ?

Cie 1927 : Nous sommes très attentifs à la narration et à la satire ; nous désirons raconter des histoires qui parviennent à s'adresser au plus grand nombre et qui soient drôles et amusantes. Nous aimerions que nos spectacles agissent comme du poil à gratter, qu'ils amènent les personnes à réfléchir sur les lieux dans lesquels ils vivent ; le rapport qu'ils y entretiennent et y développent. Nous souhaitons aussi que les récits racontés puissent refléter et renvoyer au public, toujours d'une façon déformée et fictive, certains des maux de nos sociétés...

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