l'avant-dernier du pneu

Publié le par petitcâstle

De quoi ça parle, cette fois ? Allez en vrac : du temps, donc du théâtre, donc du spectacle en cours, donc Du Fond des gorges...

Ce lundi a eu lieu la Visite dans le décor Du Fond des gorges. Initié par les RP*, ce rendez-vous offre un moment privilégié, permettant de découvrir les coulisses du théâtre. Bon, vous me direz que ça existe déjà, les visites du Parvis, de la technique, tout ça, tout ça... Oui. Certes. Sauf que comme leur nom l'indique, les Visites dans le décor sont à chaque fois uniques, car réalisées dans le décor d'un spectacle. Et on imagine naturellement que le membre de l'équipe technique – lundi soir, Fanfan – évoquera des points et des contraintes spécifiques à chaque projet artistique. Tout comme les questions des visiteurs différeront certainement, prenant appui sur le dispositif scénographique installé. Pour reprendre au sujet de lundi les mots de Sophie Bogillot,une balade dans le décor« rend la visite vivante, concrète. » Une façon comme une autre de rappeler que si un théâtre « existe » par le bâtiment qu'il occupe, il « vit » et prend corps par la présence des artistes et de toutes les équipes (donc projets) qui l'investissent...

[Pour info, si vous l'avez raté, deux autres sont à venir en 2012 (dates ici).]

Mais revenons plutôt à nos moutons : Du Fond des gorges en est à sa troisième et dernière semaine de représentations à Dijon. Après, le spectacle va jouer dans diverses villes de France, pour terminer sa tournée à Paris en mars 2012. Et mine de rien, trois semaines d'exploitation à Dijon, c'est long et plutôt inhabituel. Cela implique de parvenir à solliciter du public sur le long terme, de réussir à créer une dynamique autour du spectacle, de faire que l'information circule... En interne aussi c'est particulier, puisque alors que les équipes préparent la venue des spectacles futurs, voire commencent, pour certaines, à plancher sur Théâtre en Mai 2012, elles doivent aussi continuer à être mobilisées sur ce spectacle. Mais cette temporalité longue donne lieu aussi à des moments privilégiés, d'autant que ces dates sont, peut-être, les plus riches pour le spectacle et son devenir... Car entre la toute première du 8 novembre dernier et la dernière de demain, Du Fond des gorges n'est plus la même chose. Oui, l'équipe réunie sur le plateau, le propos, les lumières, le dispositif : tout demeure. Sauf qu'il s'y est ajouté l'exercice du temps, la reprise quotidienne du travail et la rencontre répétée avec le public. Les « coutures » ont disparu, et c'est bien ce qui ressort des avis de l'équipe du TDB, tous reconnaissant la bonification naturelle qui s'est opérée au fil des jours. « Le spectacle n'a plus rien à voir avec le soir de la première », voilà l'une des phrases entendue mardi en réunion.

Pour ma part l'une des choses qui me trotte dans la tête est cette question, lancée par Pierre Meunier au début du spectacle : « D'où ça vient ? ». Une question lancinante pour le théâtre comme pour beaucoup d'autres arts et qui me renvoie au texte (ci-dessous) écrit par l'auteur metteur en scène Jean-Luc Lagarce :

 

D'où ça vient ?

On me demande toujours : »D'où ça vient ? Comment est venue l'idée ? C'est une drôle d'idée, quand l'avez-vous eue ? »

Je ne sais pas.

Aucune idée, ou pas envie de savoir.

Ou jamais su, possible, probable, possible aussi. Et pas très envie de savoir, j'admets.

Ça ne fait que traverser, ce n'est rien, pas important, et de fait, quelle idée, on ne note pas, et lorsqu'on note, depuis longtemps, cela tient sa place, ce n'est plus une idée déjà. N'ai jamais su quand je tombais amoureux. Si j'avais su, aurais fait attention, pris garde « à la douceur des choses », serais resté vigilant.

Ici, pareil. Me mets plutôt au travail quand ça ne va pas très bien, quand ça va bien, quelle idée, on reste heureux, on s'occupe de ce bonheur-là, lorsque cela va moins bien, on se met au travail, ce que je dis, on essaie d'y voir clair. Quand on est totalement désespéré, on ne fait rien, on tente de se maintenir en vie.

Là, c'est juste l'entre-deux. La trace.

Jean-Luc Lagarce, les Cahiers du Granit (scène nationale de Belfort), mai 1992

 

 

* RP égal Relations Publiques. Membre constitutif de l'équipe d'un théâtre en général, et du TDB en particulier, le RP s'occupe d'initier des liens avec le public existant, tout en cherchant à toucher d'autres publics potentiels. Au TDB, le RP est connu pour sa grande inventivité et sa capacité à concevoir, sans cesse, toujours et en tout lieu, des temps de rencontre/discussions/débats/échanges autour des spectacles. Ça fait beaucoup, en effet. Et vu d'un lointain à côté – en l'occurrence le bureau RP Com où je me géo-localise – ça semble même assez fatigant. Pour les collègues du RP, comme pour lui-même. Mais comme 1) personne n'a encore réussi à cloner le RP –ce qui semble protéger d'une éventuelle propagation aux autres membres de l'équipe – et 2) les multiples projets du RP s'avèrent positifs pour la fréquentation du TDB, de lassitude ou de bonne grâce, tout le monde semble en prendre son parti...

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Commenter cet article
B
Et on pourrait rajouter un petit 3) Comme le clonage ne fonctionne pas, on utilise le slogan "tous RP au TDB!" Et ça fonctionne plutôt pas mal....<br /> C'est super Caro, on vit le théâtre dans son entier avec ce Glob!!<br /> A très vite<br /> Sof
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