Portraits de saison

Publié le par petitcâstle

Peut-être avez-vous récupéré à Dijon, voire même avez-vous reçu ceci dans votre boîte aux lettres :

 

PreProg1213.jpg                                                                         image Paul Cox

Ceci, c'est le pré-programme de saison 12-13 du TDB. Soit un document annonçant de façon succincte l'ensemble des spectacles accueillis dès septembre prochain. Et comme au TDB – comme ailleurs ? – un outil de communication en cache toujours un autre (l'autre étant en l'occurrence le programme 12-13 encore pour quelques jours planqué derrière son « pré »), il existe souvent des cheminements d'un outil à l'autre. En somme, on ne garde pas toujours l'image de saison du pré-programme pour le programme. À titre d'exemple, les plus ardents fans de Paul Cox, l'artiste qui signe l'univers graphique du TDB depuis mai 2009, se souviennent sans aucun doute – oui, évidemment, tout le monde s'en souvient, non ? – de la transition pré-programme 10-11 / programme 10-11. Bon, pas tout le monde s'en souvient, en fait ? Ok, le TDB est donc passé de cette image :

caroPCOX.JPG

à celle-ci :

Une.jpg

                                                                                             images Paul Cox

Le changement est dû à divers retours critiques, en interne comme en externe, évoquant une sensation de déjà-vu. La carte ayant déjà été développé par Paul Cox en 2009-2010, c'est le mille-feuilles de personnages, moins répétitif, qui a finalement été choisi. Dans ce cas précis, et sans forcément le préméditer, le pré-programme permet d'expérimenter, de tester la réception d'une image auprès du public.

 

Pour 12-13, c'est l'idée de « pré » (en tant qu'esquisse, linéament) qui est développée du pré-programme au programme. Et sans pouvoir dévoiler les images du programme tout court – celui-ci ne sortant que fin août, il est encore un brin en chantier – il est possible d'évoquer le cheminement de l'image du "pré" à l'image du sans-"pré". À travers des extraits d'un entretien avec Paul Cox réalisé en mai 2011, dans lequel celui-ci énonce un tournant dans son travail. Donc non non non, pas question de balancer des images des affiches de la saison future. Mais bon, tout de même, oui, un chemin se profile peut-être...

 

Vous êtes tour à tour et en fonction de vos projets graphiste, illustrateur, concepteur de logos, plasticien. Comment vous définissez-vous ?

Paul Cox : J'aime bien le terme « peintre ». C'est, au fond, le champ le plus important pour moi dans les différents que je cultive. Cette idée un peu passéiste de s'ancrer dans l'histoire me paraît juste pour ma part et dans la pratique, c'est de là que tout vient pour moi. Ce sont le dessin et la peinture sans application concrète, sans commande qui nourrissent tout le reste.

 

Comment vos différents travaux de commande nourrissent-ils vos recherches personnelles ?

P. C. : D'une façon presque mécanique, très simple, la contrainte de travail de commande – qui dans mon cas est souvent déroutante parce que j'accepte souvent de faire des choses que je n'ai jamais faites – dicte des formes dont je n'aurais pas forcément eu l'idée. Ensuite, celles-ci peuvent trouver leur place dans mon travail spontané.

 

Vous utilisez beaucoup les couleurs primaires. Pourquoi ce choix ?

P. C. : Cette question arrive à un moment un peu difficile, cette histoire-là étant en train de changer complètement. Deux choses m'ont beaucoup marqué au début de mon travail : un goût pour l'imagerie populaire, les images d’Épinal, l'imagerie russe, où la gamme de couleurs est très limitée ; et la trichromie qui va de pair avec une fascination pour Mondrian. J'ai, ainsi, souvent joué avec la superposition des couleurs primaires, utilisant une gamme limitée. Je tends maintenant vers un raffinement, avec un goût pour des longues couleurs, des gris colorés. Je deviens plus savant.

 

Cette évolution s'exprime-t-elle dans votre travail de commande ou dans votre travail personnel ?

P. C. : Dans mon travail de commande, pas encore... Actuellement je dessine beaucoup ce que je vois depuis ma terrasse. Mon projet est modeste, mais j'ai très envie de faire des paysages. J'en ai auparavant fait beaucoup, mais j'ai envie d'y revenir, nourri d'un amour absolu pour le peintre Jean-Baptiste Corot. Il y a chez Corot cette science des bruns, des ocres, des gris colorés, qui soudain font ressortir un éclat de vert plus vif, et c'est très stimulant.

 

Y a-t-il un projet que vous n'avez pas encore réalisé et aimeriez faire ?

P. C. : Il y en a plein... Pour répondre de façon moins évasive, j'ai le sentiment de ne pas encore avoir commencé ce que je veux faire. Il y a cela chez certains artistes, le fait de fatiguer toutes les possibilités pour creuser une chose qui résume les autres positions. Bien souvent, cette phase d'expérimentations n'est pas si longue, mais dans mon cas, elle se prolonge. Je crois que je tends vers un idéal, composé de la mémoire de toutes les choses admirées dans les œuvres du passé et des nourritures prises ici et là. J'espère y arriver un jour...

Publicité

Publié dans c'est à quel sujet

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article